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Pour les amateurs de champagnes issus de cépages blancs à jus blanc, et pour tous les autres épicuriens !

Soixante par soixante

Publié le 28 Septembre 2021 par A. VERGUET in Personnalité

Artiste contemporaine reconnue et affirmée, Delphine Gatinois poursuit son petit bonhomme de chemin agricole en passant par les vignes de la Côte des Blancs. Le Mesnil-sur-Oger est devenu une de ses terres d’expression.

L’annonce relayée par la commune du Mesnil-sur-Oger sur un célèbre réseau social peut faire sourire les vignerons et professionnels du champagne : « Cherche parcelle 60 x 60 cm »
Delphine Gatinois est une de ces graines d’artistes qui puise son inspiration dans le creuset fertile des sillons à travers les campagnes du monde.
« Trois sillons » est un travail artistique qui parle des terres agricoles. Dans ce projet créatif exposé fin septembre sur l’une des places du village et à la Maison Louis Jardin, centre d‘art contemporain, Delphine Gatinois se met en scène lorsqu’elle sème du blé et de l’orge ardennais dans de petites parcelles ou du coton dans les Corbières. 

Terre à terres

A travers des triptyque en noir et blanc, l’artiste s’efforce d’enregistrer l’action, de montrer plusieurs temps, et d’habiter un paysage. Rien n’est prémédité, elle laisse se déclencher les prises de vue, puis réalise une sélection. 
« Cela s’impose au final. Ce sont des ellipses, des changements de temps. Sur trois images, je crée une narration du geste. Je souhaite brouiller les temporalités. »
C’est un enjeu par rapport au noir et blanc qui fait référence à des œuvres des années 80. « Si je prenais les clichés en couleur, il y aurait trop d’indices quant aux lieux où je me trouvais, trop de lumière significatives. Il s’agit d’un projet inter pays. »
L’intérêt pour la propriété terrienne est  inhérente à la démarche de Delphine Gatinois. S’y ajoute une volonté de faire circuler les espèces végétales, sans pour autant réfléchir à une quelconque compatibilité des sols ou une rentabilité de production.
Une de ses questionnements de base lors d’une création outre-Atlantique : « Pourquoi la vanille a disparu du Mexique ? »

Les raisins de la création

Désormais, elle veut s’impliquer sur les terres champenoises de la Côte des Blancs, puis déplacer et planter un pied de vigne lors d’un prochain voyage en Côte d’Ivoire.
« Ce carré de soixante par soixante centimètres est l’espace minimal dans lequel mon corps peut tenir. La terre sur laquelle nous marchons finira un jour ou l’autre par recevoir notre corps à l‘horizontale. Le carré réduit offre un emplacement verticale plus singulier et original. »
Delphine porte un grand intérêt aux ouvriers et forçats agricoles dont la silhouette finit par se confondre avec la terre qu’ils travaillent jour après jour. Des ombres dont les uniformes au fil du temps s’impriment de la sueur et des productions naturelles.
« Mon projet est une continuité. Je souhaite planter en Champagne des variétés végétales improbables afin de continuer le déplacement des espèces. Au-delà de tout cela, je m’intéresse aux pratiques régionales qui racontent les efforts collectifs et les traditions. Je me rapproche notamment des terroirs d’Alsace, et du Lyonnais. Pour ce dernier secteur, la joute nautique représente un aspect très particulier qui m‘inspire beaucoup. »
Une démarche à suivre de près en attendant une récolte artistique !!!
 

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